• L'année touche à sa fin... Parfois cette fin arrive à regret, d'autres fois on s'en réjouirait presque. 

    Cette année m'aura usé ! 25 CP dont 2 élèves avec des comportements très difficiles à gérer en classe, une ambiance de classe très bruyante, des élèves très immatures qui ont du mal à entrer dans une dynamique de travail. Du coup, j'ai eu l'impression de tenir ma classe à bout de bras, de devoir chaque jour pousser, tirer pour que l'ensemble avance.

    Usé mais frustré ! Déjà la fin et je n'ai pas réussi à mettre en place toutes les idées qui me sont venues pour les aider, ni trouver comment tous les aider.

    Ils nous font du bien ces élèves qui nous bousculent. Ils nous usent mais ils nous font avancer. Sans eux, on s'encroûte, on finit par croire que tout est parfait, juste quelques petits fignolages par-ci par-là. Ah ils nous malmènent dans nos convictions ! Il faut accepter de se remettre en cause. Grâce à eux, on apprend. On fait des erreurs, on corrige, on tente à nouveau... On passe des heures à discuter avec les collègues,  chercher des pistes sur le net , à lire les blogs de ceux qui ont réfléchi avant nous, à regarder des vidéos...  

     

     J'ai pu assister cette année à une conférence de Serge Boimare , travailler en équipe d'école avec le pôle ASH pour trouver comment aider efficacement nos élèves à besoin particulier, et j'ai donc épluché le web (cf. article ici).

     

    De tout cela, et c'est en ce sens que je continuerai à améliorer ma pratique l'année prochaine, j'ai retenu divers éléments que j'estime incontournables.

     

    Se connaître

    Avant toute action, toute mise en application, il me semble important de savoir précisément ce que je peux accepter dans ma classe, ce que je peux tolérer, et ce qui n'est pas possible. C'est ce qui fait la diversité des applications des règlements d'école, de classe. Je trouve très judicieux les enseignants qui présentent ce qu'ils font en classe en disant : "Voici comment moi je fonctionne, mais ce n'est pas à copier tel quel. Il faut s'approprier ces fonctionnements, les mettre à sa sauce." 

    Il est bon de s'inspirer, mais pas de copier-coller.

     

    Une pédagogie positive, conciliante

    Je suis convaincu que nous obtiendrons davantage de nos élèves en les encourageant, en leur renvoyant une image positive d'eux-mêmes qu'en pointant leurs difficultés, leurs failles. Notre pédagogie doit être une pédagogie de la parole (je sais, les enseignants parlent déjà trop en classe !), d'une parole valorisante. 

    Un exemple :

     Lorsque j'ai lancé le compte Twitter de la classe, seuls les "bons" élèves ont réellement investi cet espace de production d'écrit. J'ai alors profité d'un temps de travail en atelier pour aider un élève en difficulté à produire un tweet. Coup de chance, son tweet a été tagué "favori" par une autre #twittclasse. Cette reconnaissance de son travail, qui plus est par des pairs extérieurs à la classe, a complètement libéré cet élève qui à présent profite du moindre de ses temps libres pour produire de nouveaux tweets. Et cet élan s'est étendu à l'ensemble de son travail, mais aussi à son attitude en classe. Ce n'est pas Twitter qui a entraîné ces changements, je positive son travail le plus souvent possible. Mais, pour cet élève cela a été l'élément déclencheur. 

    A l'enseignant de favoriser cette ambiance positive dans sa classe. 

     

     

    Alors, comment ? 

    J'ai déjà parlé de mon intérêt pour la pédagogie 3.0 de Stéphane Côté (article ici). Je vais donc m'en inspirer dans ma pratique. J'ai déjà commencé mais il faut que j'affine pour l'intégrer à ce que j'ai pu mettre en place et qui semble efficace. 

    L'année prochaine, je me lance aussi dans les ceintures de compétences. Ce qu'en fait François Lamoureux, sa réflexion très aboutie, sont très intéressants. De même, l'article de Charivari est très éclairant et donne vraiment envie de s'y mettre. Je ne sais pas encore comment je vais adapter tout cela à ce que je me sens capable de faire dans un premier temps, mais j'ai toutes les vacances d'été pour cogiter. 

    Enfin, je souhaite développer l'utilisation des outils numériques pour faciliter la différenciation, épauler les élèves en difficulté, mettre en place des activités stimulantes. 

     

    Un  vaste chantier m'attend donc ! De nouveaux articles en perspective ! 

      


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  • Ça fait du bien ces petits moments magiques où nos élèves nous surprennent.

    J'ai dans ma classe cette année un élève qui, depuis la rentrée septembre, semble davantage subir l'école que s'y épanouir. Il est toujours à déchirer, découper du papier, démonter ses stylos, manger ses crayons. 

    Mais, de temps en temps, il sort son bloc-notes et se met à écrire. Il recopie les mots affichés aux murs de la classe, écris la liste des élèves... 

    Aujourd'hui, dans mon créneau de travail en projet personnel, j'avais proposé d'écrire un texte sur Twitter pour illustrer notre leçon de conjugaison sur nous/ils/elles. J'étais à passer de l'un à l'autre quand je vois l'élève en question se lever et, bloc-notes sous le bras, chaise à la main, traverser la classe et s' asseoir à côté d'un autre élève. 

    Son envie de tweeter avait eu raison de sa réserve ! Il était à écrire sa phrase, demandant à son compère de l'aide pour quelques sons. Une petite parole d'encouragement au passage et j'ai eu droit à un sourire qui respirait le bonheur. 

     

    Lui aussi m'a apporté mon moment de bonheur de la journée. Un de ceux qui nous poussent à ne pas baisser les bras, à toujours croire en eux.


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  • Tout est prêt pour le lancement ! 

    J'ai l'accord des familles, l'accord de la hiérarchie, mon notebook en fond de classe relié à internet en CPL, la charte Twitter et les élèves sont prêts (du moins je l'espère) à affronter le vaste monde de Twitter. J'ai créé le compte de classe : @CP_Sanguèze.

     

     

    Premières séances de lancement

    Je leur présente notre page d'accueil Twitter, toute vide. Mission : nous présenter afin de dire aux autres #Twittclasses qui nous sommes.

    Je leur projette la page d'accueil de quelques Twittclasses afin qu'ils aient des exemples de ce qui se fait. Les présentations sont d'ailleurs assez hétéroclites : certaines classes ne se présentent pas du tout, d'autres sont assez exhaustives... Mes élèves choisissent de dire que nous sommes un CP et de compter les filles et les garçons. Je passe sur les erreurs de calculs du genre "nous sommes 11 garçons et 12 filles. Il y a 25 élèves dans la classe !"

    Nous nous mettons d'accord à l'oral sur le texte. Une fois le message validé par toute la classe, je leur demande de sortir leur bloc-note et d'écrire le texte sous ma dictée. Le but c'est de les faire écrire !!!

    Deux séance d'orthographe négociée, en prenant pour support la production d'une élève, nous permettront  de venir à bout de notre présentation.

     

    Le premier message

     Re-belote pour la publication de notre premier message :

    Premier Tweet

     Et là... Catastrophe !!! Notre message fait plus de 140 caractères car nous avions oublié le hashtag #Twittclasse !!! Bien sûr, ils s'en sont rendus compte après avoir commencé à utiliser la grille de Tweet. (J'ai emprunté la grille de Jean-Roch Masson que vous pouvez trouver ici.) Retour sur le message, suppression de quelques mots... Ouf, 139 caractères ! Fierté immense de la classe ! Et satisfaction totale de l'enseignant qui voit que son projet a obtenu l'adhésion et l'investissement des élèves.

     

    Organisation de Twitter en classe

    Un mois depuis notre premier tweet et la classe a déjà pris une sorte de rythme de croisière.

    Dès le début de mon projet, j'avais choisi de ne jamais laisser les élèves en direct sur Twitter. Je n'ai pas voulu de compte restreint, et différer les visites sur Twitter est la conséquence de ce choix. Surtout que les publications extérieures fleurissent sur la page d'accueil. Donc je prépare en amont les pages que nous allons consulter, et ils ne publient pas directement. Nous le faisons parfois, mais quand nous souhaitons envoyer un message de classe. Dans ce cas, j'utilise le vidéo-projecteur. La règle est qu'il est interdit de "tweeter" sans ma validation.

    Alors ça se passe comment ?

    1- L'élève qui veut envoyer un tweet prépare tout d'abord son message sur son bloc-note. (Le bloc-note est un bloc sténo qui ne sert qu'à écrire, où l'élève a le droit d'écrire comme il le souhaite, avec le droit à l'erreur. Ils s'en servent quasiment tous les jours pour une multitude de raisons.) Je leur ai présenté 3 hashtags, qui restent au tableau : #aujourdhui, #dansmaclasse et #dansmonécole. Cela leur sert de base d'écriture.  

    2- J'aide l'élève à corriger son message : ou en lui indiquant les ressources où il trouvera les indices pour rectifier son message, ou en corrigeant directement. Je module en fonction de l'élève.

    3- L'élève recopie son tweet sur la grille de Tweet et me le soumet à vérification.

    4- Vient ensuite la phase de saisie. Pour cela, grâce aux précieuses informations du blog de François Lamoureux, j'ai créé un compte Evernote pour la classe, avec une note "à vérifier" dans le dossier Twitter. Au fond de la classe, mon ancien notebook, allumé dès le matin, les attend. Ils savent déjà comment lancer Evernote et ouvrir la note. Ils sont totalement autonomes et, en cas de difficulté, les élèves s'entraident. J'en ai profité pour ajouter le métier de "responsable des ordinateurs" aux métiers de la classe. 

    J'ai partagé cette note avec mon compte, ce qui me permet de vérifier leurs saisies à n'importe quel moment depuis mon pc à la maison, mon smartphone dans la salle d'attente du dentiste, ou sur ma tablette. 

    5- Après vérification, si il n'y a pas besoin de photo, je copie-colle leur tweet dans Twitter. Je valide sur leur fiche de Tweet et je la pose sur leur table pour qu'ils sachent que leur message est en ligne. Si il y a besoin d'une photo, l'élève emprunte ma tablette pour faire ses clichés avant que je tweete son message. Toutes les fiches de tweet sont conservés dans une classeur à côté du notebook. L'année prochaine j'aménagerai cet endroit pour en faire un véritable coin "Twitter".

     

    Et ?

    Mon objectif était de leur donner une occasion d'écrire et ils écrivent ! Même beaucoup pour certains. 

    Ils s'investissent énormément dans la rédaction de leurs messages. Je corrige très peu leurs productions. Savoir qu'ils vont être lus par des élèves d'autres classes, par d'autres personnes, les poussent à produire un message le plus correct possible. Je les vois chercher dans leurs cahiers, consulter les affichages aux murs... Certains m'ont demandé à sortir les dictionnaires... 

    L'autre intérêt est qu'ils écrivent sans moi. Pas besoin de faire une séance d'expression écrite pour Twitter. Ils produisent leurs messages lors du temps d'accueil du matin, quand ils sont en avance dans une activité, à la maison... Certains ont même emmené leur bloc-notes en récréation ! Ils écrivent donc plus que ce que j'aurais pu planifier dans l'emploi du temps. 

    Certes, cela n'est pas vrai pour tous mes élèves. Certains n'ont encore produit aucun tweet. Je vais voir avec eux ce qui les freine. 

     

    Conclusion provisoire

    Lancez-vous ! L'investissement est minime par rapport aux bénéfices ! (dans notre société d'argent, la petite parabole économique sonnait bien). Twitter est un formidable outil. Tout à fait adapté à un usage en CP.  La brièveté des tweets rassure les élèves les plus timides, leur donne confiance en eux. Ils vont écrire, lire, prendre des photos, utiliser un ordinateur ou une tablette... Et j'ai proposé un usage basique de Twitter. J'ai de nombreuses idées pour l'année prochaine. Cela devrait multiplier les compétences mises en jeu. En plus, les enseignants qui pratiquent vous encouragent, partagent... A bientôt donc ! 


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  • La galère d'arriver à l'école et se rendre compte que l'on a oublié ses fiches à la maison, que la clef usb est restée dans le PC...

    Alors comment ne rien perdre ? Comment retrouver facilement ses documents ?

    Je fonctionne avec un PC à la maison, une tablette en classe, le PC de mon bureau de direction et mon smartphone. Plus, une clef usb.

    Allway Sync

    Sur mon PC, j'ai installé Allway Sync. Ce petit programme permet d'effectuer automatiquement des tâches de synchronisation. (On peut aussi définir des tâches manuelles). J'ai donc programmé une tâche pour que, dès que j'insère ma clef usb d'école, Allway Sync la synchronise avec mon emplacement OneDrive. Allway Sync distingue vos différentes clefs usb (il y a une option à cocher) donc aucun risque de vous retrouver avec tous les mp3 d'une autre clef sur votre clef d'école.

    Le programme tourne en tâche de fond et synchronise tous vos travaux automatiquement au fur et à mesure de vos modifications.

    C'est un logiciel gratuit dont la seule contrainte est une limite de volume de données synchronisées sur une période. La première fois que vous allez le lancer, vous allez sûrement atteindre cette limite. Pas de souci, au bout de quelques jours, les messages d'alerte disparaissent. Personnellement, mis à part la première synchro, je n'ai plus jamais atteint la limite, même avec l'ajout de photos, ou pdf volumineux.

    Du coup, même si j'ai oublié ma clef, je retrouve tout sur mon dossier OneDrive à l'école, sur ma tablette, sur mon smartphone.

     

    Mon cahier journal

    Pour mon cahier journal, je travaille avec l'excellent outil d'Alan Crevon :

     http://moncahierjournal.com/ (@CahierJournal).

    Depuis que je l'utilise, je gagne énormément de temps de préparation. Il suffit de préparer ses cours en amont, de les répartir dans votre emploi du temps et vous vous retrouvez avec un emploi du temps pré-rempli pour la période. Il reste juste à modifier le détails des séances.

    En plus Alan est plutôt dispo et répond rapidement à vos questions, à vos suggestions.

    Généralement, je me sers de ma tablette pour suivre mon cahier journal en classe. Parfois je l'imprime.

    Depuis que j'ai lu le blog de François, j'exporte directement les pdf de mon cahier journal vers un carnet Evernote avec Web Clipper. J'ai mis un raccourci vers ce carnet sur l'ordinateur de la classe, ainsi, en cas d'absence, le remplaçant a tous les renseignements.

    Je deviens donc un enseignant 0 papier !!!

     

     

     


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